Percolation Future

Marx ou le marché ?




La fécondité de l'analyse marxiste aujourd'hui.


S'il est une analyse féconde, c'est celle de la valeur par le temps de travail, et la théorie de la plus-value.

Mais en sont temps, celle-ci était issue du travail réel, du prolétaire sur sa machine qui transformait la matière en objet.

Aujourd'hui, le néo-prolétaire crée de la plus-value immatérielle, en produisant des concepts, de l'information, ou des images vecteurs de comunication, elles-mêmes porteuses de plus-value en cascade.

L'analyse n'est alors plus la même.

Les taux de profit, réalisés à partir des données, ou des produits de haute technologie sont sans rapport, car détachés de la quantité de travail réellement produit. Un logiciel, une fois développé, peut être distribué dans un nombre très important d'exemplaires. Ceux-ci ne coûtent rien. 

Mais les produits classiques doivent, via la concurrence financière, s'aligner sur les profits des Hautes Technologies, ce qui accroît la pression sur les clients (prix élevés, moindre service, etc.) et surtout sur les producteurs, les salariés.

D'où la course aux bas coûts du travail, qui accroît, du fait de la régression généralisée des salaires, la récession.

Analyse actuelle de la crise

La crise n'est pas due au hasard, elle a ses racines dans les changements survenus à partir des années 80, lorsque les High Tech (un certain Bill Gates !) se sont implantées et ont complètement chamboulé les conditions de création de la plus-value.

Les  niveaux de plus-value ont considérablement augmenté du fait que la main d’œuvre n'était plus de fabrication, mais de conception. Une fois conçu, l'objet pouvait être reproduit quasi-gratuitement en des millions d'exemplaires, ce qui a fait exploser les profits issus de ces technologies, et diminué drastiquement le besoin en main d’œuvre.

La capitalisme étant une société où la concurrence, la vraie, s’effectue au niveau du capital et de son rendement, les autres industries se sont vues exiger le même type de taux de profit (à travers les dividendes).

Il s'en est suivi une sorte de course à l'échalote, où l'ensemble des industries et des financiers ont tendu vers cet objectif impossible : rattraper les High Tech au niveau taux de profit.

Ce qui demande de rabaisser les salaires, d'optimiser via les paradis fiscaux les moindres impôts, de réduire les prestations sociales à cette fin,  bien entendu de licencier un maximum de personnel, et de détruire ce qui était nécessaire dans la période précédente (où on avait besoin de beaucoup de main d’œuvre), c'est-à-dire ce qui permettait à la main d’œuvre de "se reproduire" : logement, santé, éducation minimale, etc.

Donc, dans la période actuelle, le système n'a plus besoin d'autant d’humains pour produire du profit, pire, ils lui sont devenus gênants.

C'est ce qui explique, de mon pont de vue, l'hyper dérégulation en cours, avec l'hyper-crise due au remplacement de la demande via le salaire par la demande via le crédit, suicidaire à terme.

La question subsidiaire à poser : si l'oligarchie n'a plus besoin de l'Humanité, et risque de la détruire, ne serait-il pas temps de dégager l'humanité de l'emprise de l'oligarchie ?




Dernière mise à jour : 16 Novembre 2014